La série de Frédéric Mèche décline les figures de la femme, depuis sa jeunesse insouciante exorcisant dans le jeu le deuil d’un corps chéri, ou jouant avec le feu. Dans une théâtralité exacerbée, l’Indomptable, fauve et fatale, a conquis un Smoke ring de Bruce Nauman. La Rivale de celluloïd gît, finalement mutilée. Tandis que la Revenante de 4 48 Psychose a quitté la scène, l’Anonyme provocante est suspendue dans une méditation dubitative et décalée.
Ces héroïnes à la carnation frémissante sont serties par des aplats structurant des espaces intérieurs épurés, mais dont les variations colorimétriques irisent l’énergie dramatique des intrigues. Cet espace intime où se trament de possibles théâtres de la cruauté dont le spectateur est le voyeur indiscret, n’est pourtant pas claquemuré. Une issue est toujours possible, celle d’une échappée subreptice ou d’une sortie de secours, extincteur à l’appui pour conjurer, d’une œuvre à l’autre, La consumation des sens. De même, un mouvement optique et narratif se profile, comme l’appel, sonore, encouragé par le glissement des bouteilles qui s’échappent d’une perspective savamment perturbée, ou encore le flottement apaisant d’Un moment confortable pour Yara ou d’une apesanteur dans le lit de Marina.
Dans ces lignes à hautes tensions, l’alternative conduite par de nombreux titres croise le systématisme de noms - exception faite de Bénonine – travestis par une terminaison voluptueuse. De même, en se démarquant de la Grande Peinture, et s’inscrivant de plein pied dans une modernité recomposée mais redevable aux Maîtres (Vermeer, Balthus, Bacon, De Chirico,…) et parcourue par les signes permanents de l’art (le masque, le socle, le musée, l’œuvre), Mèche ouvre des perspectives qui renouvellent à la Heidigalerie le Panthéon des égéries, et leurs armes imparables, les chaussures à talons, provisoirement inoffensives mais chargées d’humeurs, prêtes à frapper de nouveau.
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