La première fois qu’on vous a présenté le projet des Machines de l’île, vous l’avez comparé à « un élan de rêverie, de créativité » et même à « un souffle d’espoir et de passion ». Ce sont des mots forts…
Benjamin Treussard : « Ca m’a chamboulé. J’étais déjà fan des spectacles de Royal de Luxe et ce nouveau projet me paraissait incroyable. Lors de cette présentation, François Delarozière et Pierre Oréfice nous ont entrainés dans leur histoire et j’ai eu envie de les suivre. J’en ai fait part à François Delarozière et il a accepté. Mais filmer le chantier, seul, me semblait compliqué alors j’ai fait appel à un ami, Nicolas Simon qui m’a aidé à co-réaliser ce documentaire. L’idée directrice était de suivre les constructeurs dans leur aventure jusqu’à la première sortie du grand éléphant. Qui fait ça ? Pourquoi ? Comment ? Je souhaitais saisir toute la magie de la construction. »
Vous avez filmé toutes les étapes au plus près de l’équipe. A t-il été facile de vous intégrer ?
B.T : « François Delarozière m’avait prévenu, chacun aurait droit à son image. On s’est retrouvé face à des artistes et certains ont une opinion sévère du journalisme et de l’outil vidéo. Alors le challenge était double, à la fois créer une proximité avec les constructeurs et les impliquer. Ce qui m’a aidé, c’est ma présence dans l’atelier trois jours par semaine pendant les 20 mois de la construction de l’éléphant. J’ai pu tisser des liens avec l’équipe et je suis même devenu ami avec certains d’entre eux. »
En montrant l’envers du décor, vous n’avez pas peur d’altérer la magie d’une telle machine ?
B.J : « Certains pourraient le dire. C’est d’ailleurs la politique de Royal de Luxe qui souhaite faire vivre l’instant au public en laissant planer le mystère. Mais je suis sûr que les gens sont curieux de savoir ce qui se cache derrière tant de poésie. Avec le projet des Machines de l’île, c’était l’occasion d’ouvrir les portes des ateliers et de répondre à la question, mais comment ils ont pu faire ça ? »
« Les Machines de l’île » sont présentées comme un projet culturel qui contribue à l’unité de l’Ile de Nantes. Selon vous, en quoi un Grand Eléphant mécanique peut-il être fédérateur ?
B.J : « Tout d’abord, c’est un animal mythique qu’on a déjà utilisé dans plusieurs spectacles. Mais c’est surtout la machine qui fait rêver et qui fédère. Comme le dit François Delarozière, elle procure une vibration incroyable au public. On peut la regarder de différentes façons. Au premier abord, on est intrigué et à mesure que l’on s’approche, on ressent l’amour des constructeurs, leur travail et leur respect pour la matière. Mais tout le monde aura sa propre interprétation. »
Il reste deux étapes importantes pour les Machines de l’île : « le Manège des mondes marins » et « l’Arbre aux Hérons ». Allez-vous également suivre ces deux projets ?
B.T : « C’est mon souhait mais pour l’instant rien n’est encore décidé. »
Propos recueillis par Benoît Balthy – le 8 octobre 2009
"Les Machines de l’île : le grand éléphant" sera diffusé prochainement sur Télénantes. Tous les horaires de diffusion ici.
Les liens utiles :
Le site Internet officiel du film.
Le site Internet des Machines de l’île.
Le site Internet de l’association La Machine.