Le festival de cinéma allemand consacre une partie de sa programmation aux 20 ans de la chute du Mur de Berlin. Comment allez vous aborder cette thématique ?
Jan Rhein : « Pour l’ouverture, nous avons choisi « Hans Im Glück », le biopic du musicien anticonformiste, Hans Narva, très connu en ex-RDA. On découvrira également l’enthousiasme du peuple allemand lors des événements de 1989 avec le documentaire « Le Mur », puis les rêves utopiques de sept architectes de l’ancienne Berlin-est dans « Die Architekten ».
En tout, cinq films sont proposés sur ce sujet avec l’ambition de montrer ce moment historique et toute l’émotion qu’il a suscitée. »
Dans un autre registre, plusieurs films dresseront le portrait de la jeune génération allemande, celle des “enfants de la crise” selon le magazine Der Spielgel. Pouvez-vous nous en dire plus ?
J.R : « C’est une idée que m’est venue quand j’ai vu « Wir sind shon mittendrin » (Génération indécise). Le film nous parle de ces jeunes qui n’osent pas s’engager que ce soit amoureusement ou professionnellement.
Après les mouvements de 68 opposés au conservatisme d’après guerre, on a pensé que la liberté de choix était un idéal pour la génération suivante. Mais quand on peut tout faire, tout décider, c’est parfois difficile de se trouver. Les films que nous avons sélectionnés, ne proposent pas de solutions, mais plusieurs façons d’entrevoir cette jeunesse. »
Le cinéma allemand a été fortement marqué par les ruptures politiques du pays au cours du XXème siècle. Qu’est-il devenu aujourd’hui ?
J.R : « Il a beaucoup évolué ces trente dernières années. Pendant les années 70, c’était un cinéma politique très engagé. Puis à partir de 1980, la production s’est uniquement centrée sur la comédie.
Il faudra attendre le milieu des années 90 pour voir émerger un nouveau cinéma avec des films grand public comme « Cours, Lola, cours », « La vie des autres » ou plus récemment « Le ruban blanc ».
Parallèlement, une nouvelle école berlinoise développe un cinéma plus réaliste sous un angle très poétique. On la compare souvent à la Nouvelle Vague française des Truffaud, Chabrol et Godard. Le public nantais pourra avoir un aperçu de ce nouveau courant avec notre film de clôture « Tous les autres ». »
Propos recueillis par Benoît Balthy – le 6 novembre 2009
Pratique :
Univerciné 2009/2010 – cinéma allemand
Du 11 au 17 novembre au cinéma Katorza de Nantes
Toute la programmation ici.
Le documentaire « Wir sind shon mittendrin » sera diffusé le 16 novembre à 19h au Katorza. Ci-après la bande-annonce (non sous-titrée…) :