Le titre ? Catherine de Grissac ne s’est pas encore décidée. « En tout cas, ce ne sera pas un titre du genre Les amiantés du Tripode. » précise la réalisatrice nantaise, membre de l’association CinéFemmes. « Cette histoire touche beaucoup à l’affect et je ne veux pas tomber dans le sensationnalisme mais juste montrer la réalité. »
Effectivement, difficile de ne pas déclencher les passions en abordant l’histoire du Tripode. Edifiée sur l’île Beaulieu, ce bâtiment de 80 mètres a abrité pendant un peu plus de 20 ans, les bureaux de l’INSEE, du Trésor Public et du Ministère des Affaires étrangères. L’architecture est à l’époque considérée comme un emblème de modernité. Un emblème tout de verre, de béton, d’acier mais aussi d’amiante. « 350 tonnes ! » précise Catherine de Grissac. Evacué en 1992, le site sera implosé en février 2005.
L’histoire d’un combat
« Quand l’intersyndicale du Tripode est venue me solliciter pour réaliser son projet de film, j’ai toute de suite été intéressée. » explique la réalisatrice. « Au delà du côté exceptionnel de ce bâtiment, il y a une bataille de personnes pour une reconnaissance, » et plus précisément la reconnaissance du Tripode comme « site amiante ». « Je souhaite retracer l’histoire de cette intersyndicale, à travers les témoignages de femmes et d’hommes qui se sont investis dans ce combat. Mais le documentaire donne également la parole aux décideurs et notamment aux hauts fonctionnaires de l’époque pour éviter de faire un film à charge. »
Appel à contributions
Pour enrichir la réalisation, Catherine de Grissac lance un appel à contributions pour récolter des photos, des vidéos ou du son d’avant 1992 pris sur le site du Tripode (1). Pour rappel, sur les 2 000 personnes y ayant travaillé, on compte à ce jour, 160 décès dont certains sont imputables au cancer de l’amiante.
Malgré l’avis favorable de plusieurs personnalités politiques comme Bernard Kouchner ou Jean-Marc Ayrault, seul le Ministère du Budget a compétence pour reconnaître l’ancien Tripode comme « site amiante ». Le combat de l’intersyndicale continue donc. Ce projet de documentaire pourra t-il l’aider à obtenir gain de cause ? La réalisatrice reste dubitative « Peut-être… ».
Benoît Balthy – le 17 juin 2009
(1) Si vous possédez des vidéos, des photos ou du son datant d’avant 1992, adressez-vous à l’association CinéFemmes au 02 51 82 31 09.
Ci-dessous, la vidéo de l’implosion du Tripode :